Meilleurs vœux IRL et URL

En 1992 (l’année de mon bac, soit une année choisie de façon parfaitement arbitraire), « 2012 », ça sonnait comme une date de science-fiction. D’ailleurs, c’est toujours un peu le cas. Quant au smartphone et autres tablettes, ils relevaient du fantasme de lecteur de cette même science-fiction — même si bon, celui-ci fantasmait peut-être plus sur la colonisation de Mars ou la téléportation, mais là, on a beau travailler beaucoup, chez Libsum, on ne va pas vous mentir, il reste encore pas mal de boulot.

Pour rester dans le registre de la haute-technostalgie, quand on était petits, notre tablette, c’était le Télécran, ce jouet culte des années 60 qui avait déjà dématérialisé les crayons (je simplifie). On peut s’étonner au passage du choix de ce nom, qui est aussi celui du système de propagande et de surveillance imaginé par George Orwell dans 1984. Un classique dont on a récemment reparlé, lorsqu’un célèbre libraire numérique a subrepticement effacé dans les tablettes de ses clients des exemplaires qu’ils avaient légalement achetés, mais dont l’éditeur ne détenait pas les droits. Est-ce à dire que la tablette en question a plus à voir avec un Télécran (mais lequel ?) qu’avec le support de lecture ouvert, rassurant et confortable qu’attend l’utilisateur de 2012 ?

Il y a un an, ce « nouveau » lecteur (qui n’est rien d’autre qu’un lecteur qui a multiplié ses supports) était encore quantité négligeable. Le marché n’existait pas, le sujet valait à peine d’être évoqué. Et puis la rentrée est arrivée, avec ses prix littéraires et ses annonces en cascade (arrivée du Kindle, du Kobo, de l’epub 3, succès de l’iPad…), et le livre numérique est devenu le sujet de l’année, celui sur lequel il fallait avoir un avis. Alors on a beaucoup parlé, glosé, encouragé, critiqué, commenté, échangé, twitté, facebooké, discuté ; on s’est enthousiasmé, inquiété, engueulé, réconcilié… On a surtout acheté beaucoup de tablettes et, de fait, une véritable offre existe désormais.

Et nous, pendant ce temps-là, on a continué à travailler.

Bref, comme on disait en 2011, tout cela augure d’une nouvelle année pour le moins intéressante, et en tout cas pleine de changements.

Une année 2012 que Libsum, pour les premiers vœux de sa jeune existence, vous souhaite la plus belle possible, pleine d’excellentes lectures, sur papier, sur tablette, chez vous, dans le métro, sur la plage, sous la pluie (le moins possible) ou au soleil (dès que ce sera possible).

Très bonne année à tous !

Previously on libsum : « We’re alive »..

On travaille, beaucoup. On développe, on fait des réunions, on organise des rendez-vous. On écrit beaucoup aussi (des specs, le business plan, des dossiers, du code, des algo). On dessine des interfaces et on veille les usages. Mais, parce qu’on est une start-up, il faut aussi et surtout communiquer. Il faut poser la marque (notre nom donc), le concept, les objectifs, l’univers. Et aussi la profession de foi. C’est important dans le projet, et j’y reviendrai dans un prochain post.

Mais pour le moment, on déclare au monde (et à toi) qu’on existe. La limite est ténue entre l’exercice de claquettes « parce que je le vaux bien » et la vente du produit (5457 pixels au m² pour le moment). Et mes amis peuvent en témoigner : les photos, c’est pas mon truc, ma binette n’est nulle part.

En devenant le CEO, je deviens le premier commercial de libsum. J’abandonne mon côté « homme de l’ombre », je deviens l’ambassadeur de la marque, du produit, du projet.

J’ai donc répondu à l’invitation de BFM Business, mardi 13 décembre dernier, pour satisfaire à l’exercice. Lors de l’émission Paris d’Avenir, dirigée par Nathalie Croisé, avec la complicité d’Isabelle Golentz, j’ai parlé du numérique, « futur du livre », en compagnie de Michael Dahan (de bookeen) et de Virginie Rouxel (du Labo de l’Edition).

Dans le grand bain, maintenant, je me fais à l’idée : vous allez me voir plus souvent :)

I’m the CEO, Peach.

 

Bref, on monte une boite

L’année dernière, on m’a ramené un iPad 1 des Etats-Unis. Il venait juste de sortir, je faisais mon geek-early-adopter-qui-crane-avec-son-nouveau-joujou-apple, et quand j’ai eu my precious entre les mains, j’ai pris une claque. Un ordinateur qui tient dans la main. Un gros iPhone, avec l’usage tactile de l’iPhone, et un écran de taille raisonnable, qui me permettait d’accéder à mes emails sur mon canapé, regarder Desperate Housewives aux toilettes, lire mes epubs dans mon lit, sans la batterie du portable faisant office de bouillotte.

Je l’ai montré à mon ami Greg. Il l’a regardé, il m’a regardé, on s’est regardé. On s’est dit qu’il y avait un truc de dingue à faire avec. Enfin un device où l’on pourrait lire des livres, sans être assis à son bureau, mode bouillotte off, et avec les 30 ans d’héritage informatique qui manquent aux liseuses type Kindle.

J’ai pris une semaine de vacances de travail. On a prototypé, flingué du mort vivant, décortiqué du code, tiré à la tête, lu des specs, terminé tous les épisodes de Resident Evil sur wii et scrapé le projet Gutenberg. A la fin, on avait 5.000 bouquins sur notre serveur, qu’on lisait sur le Safari de l’iPad. Et flingué 2.000 zombies. A la tête.

J’ai posé une RC chez viadeo. Greg a posé une RC chez lui-même. On a transformé mon salon en antichambre d’un bureau. On a rencontré des gens, convaincu des gens, appris des gens. Certains sont venus, d’autres partis. On a pris des bureaux chez des amis. On a demandé à Judith de nous rejoindre, parce qu’elle aussi, elle aime les livres et les zombies. On a pris une stagiaire, parce que c’est important pour le sérieux d’une entreprise. Elle s’appelle Cécile, parce que nos stagiaires ont un prénom. Et se feront également un nom. On a débauché des amis-qui-bossent-toujours-pour-des-entreprises-qu’on-ne-peut-pas-citer-parce-que-c’est-quand-même-elles-qui-les-font-manger. On a fait un concours. On a fait réaliser un film, produit des dossiers, appris à pitcher. On a organisé des répétitions de pitch. On a fait candidat à la Bullet Academy. On a passé l’oral. On a gagné une incubation.

Bref, on monte une boite, et elle s’appelle libsum.

PS : merci au type qui a inventé le pitch en 5 mots. Il m’a donné un titre et 1,5 million de gens qui le comprennent…